L’immeuble initial, construit dans les années 1970, s’inscrit en retrait sur la rue dans un tissu résidentiel de Neuilly-sur-Seine. La commande actuelle est née d’une double volonté : de combler ce délaissé, de réconcilier le bâtiment avec son environnement résidentiel et de le hisser au niveau des standards contemporains de performance et de confort. Le projet s’inscrit dans un questionnement plus large sur l’obsolescence du parc tertiaire du XXe siècle. Face à l’urgence climatique et à la nécessité de limiter la démolition-reconstruction, il propose une alternative : la résilience architecturale par densification et transformation.
Densifier : le retrait de rue habité
La première intervention consiste à supprimer le vide urbain en construisant une extension horizontale sur toute la hauteur du bâtiment existant, en R+6. Cette adjonction crée un nouveau front bâti continu le long de la rue, masque entièrement le mur pignon de l’immeuble voisin et génère 850 m² de surface supplémentaire. La densification s’opère sans emprise foncière nouvelle : elle récupère un espace résiduel.
Creuser : du parking souterrain au patio arboré
En sous-œuvre, les parkings sont transformés en espaces de travail organisés autour d’un patio creusé. Cette excavation apporte lumière naturelle et végétation au cœur du bâtiment, convertissant des surfaces aveugles et sous-exploitées en lieux de vie et de travail de qualité. Le passage de la voiture au jardin illustre une mutation d’usage emblématique du renouveau du bureau post-pandémique.
Ouvrir : le toit, un espace suspendu
La toiture est aménagée en roof top végétalisé, offrant aux habitants une terrasse suspendue avec des vues sur la Défense et sur Paris. Cette troisième strate de l’intervention boucle la transformation tridimensionnelle du bâtiment – façade, sol, toit – et renforce l’ambition bioclimatique de l’opération, labellisée BBC Rénovation.
Côté matérialité, la pierre de Saint-Maximin, la même qui habille les premières couronnes de Paris, a été choisie pour son caractère intemporel et son ancrage dans le vocabulaire du Grand Paris. Elle est employée en pierre massive en pied de façade, ancrant le bâtiment dans le grand récit minéral de la capitale.La façade sur cour adopte une approche différente : si elle conserve l’écriture d’origine comme trace du bâtiment tel qu’il était, elle n’en est pas moins travaillée. L’escalier existant y a été prolongé et mis en valeur, tandis qu’une résille métallique vient lier et unifier l’ensemble, créant une cohérence entre l’ancien et le nouveau.